Sourate Al-Baqarah, verset 3

2:3

ٱلَّذِينَ يُؤۡمِنُونَ بِٱلۡغَيۡبِ وَيُقِيمُونَ ٱلصَّلَوٰةَ وَمِمَّا رَزَقۡنَٰهُمۡ يُنفِقُونَ ٣

Alladhīna yu'minūna bil-ghaybi wayuqīmūnas-salawāta wamimmā razaqnāhum yunfiqūn

Ceux qui croient à l’invisible et accomplissent la prière ( As-Ṣalāt ) et qui dépensent [dans l’obéissance à Allah] de ce que Nous leur avons attribué.5

Notes

5 L’invisible: tout ce que nous ne pouvons percevoir et connaître et même tout ce dont nous ne pouvons même pas réaliser l’existence passée, présente ou future. Ṣalāt: signifie ici non pas la prière seulement, mais les prières quotidiennes comportant des récitations, des invocations, des mouvements et des attitudes définis.

Il y a cinq Ṣalāt quotidiennes: à l’aube, peu après que le soleil passe le méridien, tard dans l’après-midi, tout de suite après le coucher du soleil, et enfin à la disparition du crépuscule. Pour les pays près des deux régions polaires, on a dû aménager ces horaires. - La Ṣalāt hebdomadaire du vendredi remplace, ce jour-là, la deuxième Ṣalāt, celle de midi. - Les Ṣalāt des deux fêtes (˒idul Fiṭr et ˒idul Aḍḥa) sont recommandées par le Prophète, mais non obligatoires.

A part le nombre de cycles d’actes (Rak˒at), toutes ces Ṣalāt se ressemblent quant à la façon de les accomplir: on fait les ablutions (voir S. 5, v. 6) on se met debout et on se tourne vers la Ka˒ba à la Mecque (voir S. 2, v. 144) - en Europe occidentale, vers le sud-est - et on formule l’intention de prier. On récite la première sourate du Coran «Al-Fātiḥa», en la faisant suivre de quelques versets coraniques ou d’une courte sourate. Puis on s’incline, mettant les mains sur les genoux et on se redresse; ensuite, on se prosterne, posant le front sur le sol, puis on s’assied, et après une deuxième prosternation, on se remet debout. Tout cela constitue un «cycle d’actes», une Rak˒a. On fait dans le deuxième cycle Rakat la même chose que dans le premier, mais au lieu de se mettre debout après les prosternations, on reste assis et on récite le tachahhud [glorification d’Allah, salut au Prophète (صلى الله عليه وسلم), à soi-même et à tous les bons croyants et témoignage de l’unicité d’Allah]. Si la Ṣalāt a deux cycles (comme lors de l’aube), elle se termine par le salut final, après le tachahhud. Sinon, on se lève et on fait un nouveau cycle (dans la 4e Ṣalāt il y a trois cycles, et dans les 2e, 3e et 5e, quatre cycles), et on termine la Ṣalāt en saluant, tournant la tête à droite puis à gauche.

Dépensent dans l’obéissance à Allah: en Islam, on est obligé de donner un pourcentage de ce que l’on possède, annuellement, et ce d’après un barème établi: c’est la Zakāt. D’ailleurs on peut donner pour un acte de pure charité ce qu’on veut. Sont visées dans ce verset toutes les dépenses faites dans l’obéissance à Allah: la Zakāt, la dépense concernant les parents et les proches, les largesses bénévoles, etc.

Tafsir

Ce verset désigne ceux qui accomplissent la prière (`aş-şalâh(şalâtu)) conformément aux prescriptions divines et recommandations prophétiques, ceux qui emploient les richesses qu’Allah leur a accordées en s’acquittant des dépenses obligatoires comme la zakât (`az-zakâh(zakâtu)), ou facultatives comme l’aumône (`aş-şadaqah (şadaqatu)) dans l’espoir d’être rétribués par Allah.L’Invisible (`al-ghaybu) désigne tout ce qui n’est pas perçu par les sens, ce qui nous est donc normalement inconnu et que nous ne connaissons que par ce qui nous a été enseigné par Allah et Son Messager, comme le Jour Dernier (`al-yawmu l-`âkhiru). Ces hommes croient en la Révélation (`al-waħyiu) qu’Allah a révélé au Prophète et aux autres Envoyés avant lui, sans faire de distinction entre eux. Ce sont ceux qui croient fermement à l’au-delà (`al-`âkhirah(`âkhiratu)), ainsi qu’à la rétribution et au châtiment.